Perspectives économiques et financières - Novembre 2019

Conformément à son mandat législatif, le directeur parlementaire du budget présente ici ses perspectives économiques et financières.

Le DPB a révisé à la baisse ses perspectives de croissance de l’économie canadienne au deuxième semestre de 2019, en raison, notamment, des tensions commerciales accrues et de l’incertitude qui en découle. La croissance du PIB réel en 2020 et 2021 devrait s’établir à 1,7 % et 1,6 %, respectivement. Ce taux est inférieur de 0,3 et 0,2 point de pourcentage, respectivement, à nos projections de juin 2019 dans la prévision de référence du coût des mesures proposées en campagne électorale (CMP). Cette révision à la baisse découle du fléchissement des exportations, du recul des investissements dans les stocks et des réductions aux dépenses du gouvernement provincial en Alberta.

Tableau 1 du résumé

 

Prévision

%

2018

2019

2020

2021

2022-2024

Croissance du PIB réel

1,9

1,5

1,7

1,6

1,6

Inflation de l’IPC

2,2

1,9

1,9

2,0

2,0

Taux de chômage

5,8

5,7

5,7

5,6

5,4

Taux directeur de la Banque du Canada

1,75

1,75

2,25

2,50

2,50

Sources : Statistique Canada et directeur parlementaire du budget.
Note : Le taux directeur de la Banque du Canada est le taux en fin de période.

Comme l’économie continue de progresser à un rythme se rapprochant du PIB potentiel et que le taux d’inflation demeure proche de la cible de 2 %, la Banque du Canada devrait maintenir son taux directeur à 1,75 % jusqu’au deuxième semestre de 2020. Ensuite, à mesure que les tensions commerciales et l’incertitude connexes se dissiperont, elle devrait relever progressivement son taux directeur, de 25 points de base à la fois, jusqu’à ce qu’il atteigne le taux neutre de 2,50 %.

Nous avons ramené notre hypothèse sur le taux neutre du Canada à 2,50 %, contre 2,75 % dans la prévision de référence du CMP. Quant à notre hypothèse à long terme concernant la prime de terme sur les obligations du gouvernement du Canada à 10 ans (comparativement aux bons du Trésor à 3 mois), nous l’avons ramenée de 105 à 80 points de base. Par conséquent, selon nos projections, le taux des obligations d’État à 10 ans devrait finalement s’établir à 3,25 % et celui des bons du Trésor à 3 mois à 2,45 %.

Les perspectives économiques établies par le DPB traduisent l’idée que, de manière générale, des résultats à la hausse sont aussi probables que des résultats à la baisse. Bien que nous ayons rajusté nos perspectives en fonction d’une exacerbation des tensions commerciales et de l’incertitude entourant la politique commerciale, nous continuons de croire que le risque le plus important réside dans une faiblesse plus prononcée des exportations attribuable à l’escalade des différends commerciaux et à la poursuite de politiques protectionnistes.

Quant aux risques à la hausse, le plus important nous paraît être une augmentation plus forte que prévu des dépenses publiques. Selon des projections fondées sur le statu quo en matière de politique fiscale, le total des dépenses publiques (à savoir le total des dépenses courantes et d’investissement des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux et des administrations locales) devrait diminuer de 1,2 point de pourcentage entre 2019 et 2024 par rapport à la moyenne historique à long terme (de 1981 à 2018), c’est-à-dire passer de 24,7 à 23,5 % du PIB. En proportion de l’économie, les dépenses publiques atteindraient ainsi leur niveau le plus bas depuis 2008.

Les perspectives financières présentées dans ce rapport reposent sur les perspectives économiques actuelles du DPB. Elles tiennent compte des mesures annoncées dans le budget de 2019, ainsi que des mesures prises jusqu’au 11 septembre 2019. Ces perspectives constituent une mise à jour de l’hypothèse de planification indépendante fondée sur le statu quo pour le début de la 43e législature. Elles ne tiennent pas compte des engagements pris par quelconques partis pendant les élections générales de 2019.

Les résultats finaux pour l’exercice 2018-2019 indiquent un déficit budgétaire de 14,0 milliards de dollars, ce qui correspond globalement à notre estimation dans la prévision de référence du CMP. Les recettes, les dépenses de programme et les frais de la dette publique correspondent tous à peu près à nos prévisions de juin.

En comparaison avec la prévision de référence du CMP, nous nous attendons à des déficits budgétaires supérieurs de 1,6 milliard de dollars, en moyenne, de 2019-2020 à 2024-2025, abstraction faite de toute nouvelle décision gouvernementale. Les revenus fiscaux plus bas et les charges de fonctionnement plus élevées ont plus que compensé les économies réalisées sur les frais de la dette publique résultant de notre révision à la baisse des taux d’intérêt.

Tableau 2 du résumé

 

Prévision

G$

2018-2019

2019-2020

2020-2021

2021-2022

2022-2023

2023-2024

2024-2025

Revenus budgétaires

332,2

340,4

350,1

364,4

378,9

393,3

408,2

Charges de programmes

322,9

337,7

349,0

357,1

364,9

374,4

385,7

Frais de la dette publique

23,3

23,8

24,4

26,3

28,6

31,4

33,6

Total des charges

346,2

361,5

373,4

383,4

393,5

405,8

419,3

Solde budgétaire

-14,0

-21,1

-23,3

-19,0

-14,6

-12,5

-11,1

Dette fédérale

685,5

706,9

730,1

749,2

763,8

776,3

787,4

Dette fédérale (% du PIB)

30,9

30,8

30,8

30,5

30,0

29,4

28,7

Sources : Statistique Canada, Finances Canada et directeur parlementaire du budget.

Pour l’exercice courant, en retenant l’hypothèse du statu quo, nous estimons que le déficit budgétaire pourrait atteindre 21,1 milliards de dollars, principalement à cause d’une baisse des recettes fiscales tirées de l’impôt des sociétés et d’une augmentation des paiements de transfert. Ensuite, le déficit budgétaire devrait culminer à 23,3 milliards de dollars en 2020-2021, avant de redescendre à 11,1 milliards de dollars en 2024-2025. À moyen terme, nous nous attendons à ce que le ratio de la dette fédérale au PIB s’inscrive dans une trajectoire descendante qui le verrait s’établir à 28,7 % en 2024-2025.

Le gouvernement n’a pas encore défini de cibles budgétaires pour la 43e législature. Par le passé, il a fixé des cibles pour l’équilibre budgétaire et le ratio de la dette fédérale au PIB. Le DPB suivra les progrès du gouvernement dans la réalisation des nouveaux objectifs budgétaires qu’il annoncera.

En l’absence de nouvelles mesures, et étant donné l’incertitude qui entoure nos perspectives économiques, nous estimons, en supposant un statu quo, qu’il existe une probabilité d’environ 30 % de parvenir à l’équilibre ou à un excédent budgétaire à la fin de nos perspectives à moyen terme, soit en 2024 2025. En outre, nous estimons à environ 70 % la probabilité qu’en 2024-2025, le ratio de la dette fédérale au PIB soit inférieur à 30,9 %, soit son niveau de 2018-2019.

Cependant, les engagements pris pendant la campagne électorale laissent présager à moyen terme des déficits budgétaires supérieurs à notre projection fondée sur le statu quo, de sorte qu’il est moins probable que l’équilibre budgétaire soit atteint d’ici 2024-2025 et que le ratio de la dette au PIB soit inférieur à 30,9 % à cet horizon.

Data

Communiqué de presse

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