Endettement et vulnérabilité financière des ménages

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Résumé

Le rapport analyse l’évolution de l’endettement des ménages au Canada et évalue les perspectives de vulnérabilité financière de ces ménages à moyen terme. L’évaluation s’appuie toutefois sur des indicateurs financiers représentant des moyennes générales, ce qui peut masquer des variations considérables entre les ménages. L’évaluation de la vulnérabilité financière fondée sur les microdonnées des ménages dépasse la portée de ce rapport.

La tendance à la hausse de l’endettement des ménages canadiens se poursuit. Au troisième trimestre de 2015, la dette totale des ménages (soit la dette sur le marché du crédit plus les comptes fournisseurs) représentait 171 % du revenu disponible. Autrement dit, pour chaque tranche de revenu disponible de 100 $, la dette du ménage s’élevait à 171 $. C’est le niveau le plus élevé depuis 1990.

  • Parmi les pays du G7, le Canada a connu la plus forte hausse de la dette des ménages par rapport à leurs revenus depuis 2000. Les ménages du Canada sont donc plus endettés que ceux de tout autre pays du G7 dans l’histoire récente.
  • Mesurée par rapport à l’actif des ménages, la dette des ménages a diminué ces dernières années. Au troisième trimestre de 2015, cette dette représentait 17,0 % de l’actif des ménages, ce qui est toujours supérieur à la moyenne de 15,4 % d’avant la crise financière mondiale.
  • Selon une analyse réalisée à la Banque du Canada, la hausse de l’endettement des ménages est imputable aux bas taux d’intérêt, au prix élevé des maisons et aux innovations financières.

Les décideurs s’inquiètent toujours de la vulnérabilité des ménages aux chocs économiques, comme la perte d’emploi imprévue ou des taux d’intérêt plus élevés que prévu. Le ratio de la dette au revenu des ménages fournit une indication de leur endettement et facilite les comparaisons à l’échelle internationale, mais donne une idée limitée de leur vulnérabilité financière.

Ce qui importe le plus en matière de vulnérabilité financière n’est pas tant le niveau de la dette par rapport au revenu que la capacité des ménages de respecter leurs obligations liées au service de la dette. Le ménage qui doit consacrer une part importante de son revenu au service de ses dettes est financièrement vulnérable. Il court un plus grand risque en cas de revenu négatif et de hausse des taux d’intérêt et est plus susceptible de ne pas rembourser ses dettes.

La vulnérabilité financière se mesure généralement par le ratio du service de la dette (RSD), soit le remboursement de la dette exprimé par rapport au revenu disponible des ménages. Dans le rapport, nous reprenons le concept et la mesure utilisés par Statistique Canada pour les remboursements obligatoires de la dette, qui comprennent le paiement requis du principal et des intérêts, mais qui excluent les remboursements anticipés.

En nous fondant sur les Perspectives économiques et financières de novembre 2015 du directeur parlementaire du budget (DPB), nous prévoyons que la dette des ménages continuera de croître pour atteindre 174 % du revenu disponible à la fin de 2016, avant de revenir à peu près au niveau actuel à la fin de 2020.

La capacité des ménages d’assurer le service de leurs dettes s’affaiblira un peu lorsque les taux d’intérêt reviendront à la « normale » d’ici cinq ans. À la fin de 2020, le ratio du service de la dette totale (RSDT) des ménages, soit le principal plus les intérêts, devrait passer de 14,1 % du revenu disponible au troisième trimestre de 2015 à 15,9 %.

Ratios du service de la dette des ménages

Selon les prévisions du DPB, la vulnérabilité financière des ménages atteindra des niveaux supérieurs aux données des années antérieures.

L’augmentation du RSDT à 15,9 % serait supérieure de 3,1 points de pourcentage à la moyenne historique à long terme qui se situe à 12,8 % (du premier trimestre de 1990 au troisième trimestre de 2015). Le ratio serait aussi supérieur de près d’un point de pourcentage du sommet des 25 dernières années, soit 14,9 %, atteint au quatrième trimestre de 2007.

L’analyse effectuée à la Banque du Canada (voir Djoudad (2012)) indique qu’une hausse du RSD « signifierait que les ménages sont plus vulnérables aux chocs défavorables au revenu ou aux taux d’intérêt, ce qui rendrait le bilan des ménages plus précaire et nuirait aux institutions financières » [TRADUCTION].