Perspectives économiques et financières Octobre 2018 - Révisé 31 octobre 2018

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Au cours de la première moitié de 2018, l’économie canadienne a continué de progresser à un rythme supérieur à son rendement potentiel. Stimulée par la vigueur des exportations, la croissance du PIB réel s’est maintenue, en moyenne, à 2,2 % au cours des deux premiers trimestres de l’année[i]. L’inflation sous-jacente a augmenté pour atteindre la cible de 2 % et la croissance des salaires s’est améliorée, ce qui a amené la Banque du Canada à relever son taux directeur de 25 points de base en janvier et encore une fois en juillet.

La performance économique canadienne demeure solide, mais nous continuons de surveiller les facteurs macroéconomiques et les risques pour l’avenir, adaptant nos hypothèses clés et nos conclusions conséquemment. En particulier :

  • nous prévoyons que les mesures commerciales négatives réduiront le PIB du Canada de 0,25 % d’ici 2022 ;
  • nous prévoyons que la Tax Cuts and Jobs Act des États-Unis n’aura pas de répercussions notables sur le climat d’investissement au Canada ;
  • nous prévoyons que la Banque du Canada augmentera graduellement son taux directeur jusqu’au début de l’année 2020 ;
  • nous prévoyons que la vulnérabilité financière des ménages s’accroîtra à mesure que les taux d’intérêt augmenteront et que ceux-ci affecteront leur capacité de rembourser leurs dettes.

Nous prévoyons que le PIB réel du Canada progressera de 2,1 % en 2018 et de 1,8 % en 2019, pour ensuite ralentir et croître de 1,5 % par année, en moyenne, de 2020 à 2023.

À moyen terme, nous prévoyons que l’économie canadienne dépendra moins des dépenses de consommation et du secteur résidentiel, alors que les investissements commerciaux et les exportations contribueront davantage à la croissance économique. En fait, nous prévoyons une réduction considérable des investissements dans le secteur résidentiel et une décélération des prix des logements jusqu’en 2020.

L’économie continuera d’évoluer légèrement au‑dessus de son potentiel et l’inflation se maintiendra au‑dessus de la cible de la Banque du Canada. Ainsi, nous prévoyons que la Banque augmentera progressivement son taux directeur à raison de 25 points de base chaque trimestre jusqu’à ce que le taux revienne à son niveau neutre (nominal) de 3,0 % d’ici au premier trimestre de 2020.


[i].      Le présent rapport comprend des données valables jusqu’au 19 octobre 2018 inclusivement. Sauf avis contraire, tous les taux sont annuels.

Les perspectives économiques du DPB reposent sur l’idée que la probabilité d’avoir des résultats à la hausse est, en règle générale, la même que celle d’avoir des résultats à la baisse. Sur le plan des risques à la baisse, nous croyons que le risque le plus important est l’affaiblissement des exportations. Pour ce qui est des risques à la hausse, nous réaffirmons que le plus important est l’augmentation des dépenses des ménages.

Nos perspectives financières tiennent compte des récents changements de politiques au Canada et à l’étranger. Nous estimons que les tarifs douaniers canadiens sur l’acier, l’aluminium et d’autres produits importés des États‑Unis se traduiront par des revenus supplémentaires de 1,3 milliard de dollars en 2018‑2019 et de 1,8 milliards de dollars en 2019‑2020. Nous présumons cependant que ces mesures n’auront pas d’effet financier net, étant donné que les recettes qu’elles produiront seront réinvesties entièrement afin de venir en aide aux secteurs industriels touchés.

Nous présumons également que les récents changements au taux d’imposition sur le revenu des sociétés aux États‑Unis encourageront les sociétés multinationales à rapatrier une partie de leurs profits du Canada vers les États‑Unis. Cela devrait se traduire par une baisse de 500 millions de dollars de l’impôt fédéral sur le revenu des sociétés par année, en moyenne.

En 2018‑2019, nous prévoyons que le déficit budgétaire se chiffrera à 19,4 milliards de dollars (0,8 % du PIB), soit un peu plus que le déficit budgétaire de 19,0 milliards de dollars en 2017‑2018. Nos prévisions financières reflètent la modification récente faite à la méthodologie du taux d’actualisation du gouvernement. Nos prévisions sont fondées sur des hypothèses préliminaires concernant les impacts de ce changement comptable sur les dépenses de fonctionnement et les frais de la dette publique du gouvernement.

Au cours des années suivantes, nous prévoyons que le solde budgétaire passera à un déficit de 9,4 milliards de dollars (0,4 % du PIB) en 2023‑2024. La baisse attendue du déficit par rapport à la taille de l’économie reflète l’augmentation des recettes provenant de l’impôt sur le revenu, qui excédera la croissance du PIB nominal, et le fait que le gouvernement limitera la hausse de ses dépenses de fonctionnement grâce à la baisse des dépenses consacrées aux avantages sociaux futurs des fonctionnaires fédéraux et à l’augmentation restreinte des effectifs.

Nous estimons que, pour l’année financière 2021‑2022, la probabilité que le budget soit équilibré ou excédentaire est d’environ 10 %. La probabilité que cette situation se concrétise grimpe à 30 % en 2023‑2024. En outre, nous estimons qu’il y a une probabilité d’environ 80 % que le ratio de la dette fédérale au PIB soit inférieur à l’objectif de 31,8 % du gouvernement en 2020-2021.

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