Perspectives économiques et financières - Octobre 2017

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Sommaire
L’économie canadienne a évolué à un rythme vigoureux au cours du premier semestre de 2017. Nous prévoyons cependant que, au cours du second semestre, la croissance des dépenses à la consommation sera plus modérée et que l’investissement résidentiel continuera de baisser à mesure que les taux d’emprunt augmenteront et que les gains au chapitre du revenu disponible des consommateurs diminueront.

Selon nos prévisions, le rythme de croissance du PIB réel ralentira pour passer de 3,1 % en 2017 à 1,9 % en 2018, puis à 1,8 % en 2019, avant de se stabiliser à 1,7 % par année de 2020 à 2022. La croissance du PIB réel de 2017 à 2022 est légèrement supérieure (0,1 point de pourcentage en moyenne) à nos perspectives d’avril.

L’inflation du PIB (mesure des augmentations de prix à l’échelle de l’économie) devrait ralentir pour passer de 2,4 % en 2017 à 1,8 % en 2018, puis se maintenir à une moyenne de 2,0 % par année. Le PIB nominal, qui est la mesure la plus générale de l’assiette fiscale, devrait augmenter pour passer à une moyenne de 4,1 % par année de 2017 à 2022, ce qui est conforme à nos perspectives d’avril.

Perspectives économiques

Comparativement aux perspectives d’avril, le niveau du PIB nominal n’est inférieur, en moyenne, que de 2 milliards de dollars (0,1 %) par année entre 2017 et 2022, les révisions à la baisse des niveaux de prix appliqués au PIB compensant les révisions à la hausse du PIB réel.

Nous supposons que la Banque du Canada maintiendra son taux directeur à 1,0 % jusqu’en janvier 2018. Compte tenu d’une inflation de base stabilisée tout au long de 2018, nous prévoyons que la Banque du Canada augmentera progressivement son taux directeur à raison de 25 points de base chaque trimestre jusqu’à ce que le taux retourne à son niveau neutre (nominal) de 3,0 % d’ici la fin de 2019.

Les perspectives économiques du DPB traduisent une même probabilité, généralement parlant, de tendances à la hausse et à la baisse. Du côté des risques de baisse, nous estimons que le risque le plus important est l’affaiblissement des investissements commerciaux. Du côté des possibilités de hausse, nous sommes d’avis que l’éventualité la plus importante est l’augmentation des dépenses des ménages.

Pour illustrer l’incertitude qui préside à nos prévisions du PIB nominal, nous avons élaboré des intervalles de confiance autour de ces prévisions. Compte tenu de la croissance du PIB nominal selon nos prévisions de base, des intervalles de confiance de 30, 50 et 70 % sont conformes à une croissance moyenne du PIB nominal de ±0,4, ±0,7 et ±1,1 point de pourcentage, respectivement.

En 2016 2017, le déficit budgétaire s’est élevé à 17,8 milliards de dollars (0,9 % du PIB), soit 3,0 milliards de dollars de moins que prévu en avril, les charges de programmes directes ayant été inférieures aux prévisions en raison d’un montant estimatif de 1,8 milliards de dollars non dépensés en investissement dans des projets d’infrastructure. 

Perspectives financières 

Pour l’exercice 2017-2018 en cours, nous prévoyons un déficit budgétaire de 20,2 milliards de dollars (0,9 % du PIB). Nous nous attendons ensuite à ce que ce déficit diminue graduellement pour s’établir à 9,9 milliards de dollars (0,4 % du PIB) en 2022-2023. La baisse des charges de programmes directes explique la majeure partie de la réduction du déficit budgétaire à l’horizon des projections. 

Pour la période de 2017-2018 à 2021-2022, nous prévoyons, en moyenne, des déficits budgétaires inférieurs de 2,2 milliards de dollars à nos perspectives d’avril. 

Selon nos prévisions, les revenus seront légèrement plus élevés. Comme les revenus découlant de l’impôt sur le revenu des sociétés sont restés solides durant une longue période de faible profitabilité des entreprises, nous avons corrigé à la hausse nos prévisions à moyen terme au titre de cet impôt. 

Les dépenses prévues sont légèrement inférieures aux perspectives d’avril. Cela est conforme au plan à moyen terme du gouvernement concernant la diminution des dépenses de programmes directes. Comparativement aux perspectives d’avril, à moyen terme, nous prévoyons moins de bénéficiaires et des paiements moyens inférieurs quant aux prestations pour les personnes âgées et aux prestations d’assurance emploi. 

Dans le budget de 2016, le gouvernement s’est engagé à rétablir l’équilibre budgétaire et à ramener le ratio dette PIB à 31,0 % d’ici 2020-2021. Compte tenu des prévisions de mesures fiscales et de dépenses actuelles, nous prévoyons que le ratio dette PIB fédéral sera de 29,0 % en 2020-2021, soit 2,0 points de pourcentage du PIB de moins que l’objectif. Le plan financier actuel du gouvernement lui permet donc d’atteindre son but à moyen terme à cet égard. 

Compte tenu des scénarios envisageables sur le plan économique et dans l’hypothèse d’un statu quo politique, il est peu probable que le budget soit rééquilibré ou en situation excédentaire à moyen terme. Selon nos estimations, il y a environ 10 % de chances que le budget soit rééquilibré ou en situation excédentaire en 2019-2020. La probabilité passe à 15 % en 2020-2021 et à 30 % en 2022-2023. 

Cependant, il est probable que le ratio dette PIB fédéral sera inférieur à l’objectif de 31,0 % entre 2017-2018 et 2022-2023. Selon nos estimations, il y a environ 75 % de chances que ce ratio soit inférieur à l’objectif en 2020-2021.

Rapports connexes

  • 28 avril 2017

    Le présent rapport vise à donner suite à la motion adoptée par le Comité permanent des finances le 4 février 2016 : « Que, conformément au mandat du directeur parlementaire du budget de fournir de façon indépendante des analyses sur la situation financière du Canada et les tendances de l’économie nationale (tel que stipulé dans la section 79.2 de la Loi sur le Parlement du Canada), le directeur parlementaire du budget fournisse au Comité une perspective économique et fiscale deux fois par année civile, soit la quatrième semaine du mois d’octobre et la quatrième semaine du mois d’avril, et par la suite, que le directeur demeure disponible pour comparaître devant le Comité afin de discuter de ces conclusions ».