Perspectives économiques et financières - Avril 2019

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Selon les prévisions du directeur parlementaire du budget (DPB), la croissance économique du Canada devrait ralentir, passant de 1,8 % en 2018 à 1,6 % en 2019. Ce ralentissement traduit principalement les effets des facteurs de transition liés à l’effondrement du prix du pétrole brut canadien à la fin de 2018.

À mesure que ces effets se dissiperont, nous prévoyons que le produit intérieur brut (PIB) réel trimestriel rebondira en 2020; les investissements commerciaux et résidentiels reprendront et les exportations insuffleront un nouvel élan. La croissance économique devrait ensuite reculer légèrement pour s’établir à 1,7 % en 2021 et à 1,6 % en 2022, tandis que la croissance des exportations et des investissements commerciaux sera modérée.

Comme l’économie progresse au-delà du PIB potentiel et que le niveau d’inflation est supérieur à la cible, nous supposons que la Banque du Canada augmentera à nouveau son taux directeur en octobre, d’abord de 25 points de base, puis progressivement jusqu’à ce qu’il atteigne le taux neutre de 2,75 % au milieu de 2020.

Les perspectives économiques établies par le DPB reflètent l’idée que, de manière générale, les résultats à la hausse sont tout aussi probables que les résultats à la baisse. Pour ce qui est des risques à la baisse, nous continuons de croire que le risque le plus important est une faiblesse davantage prononcée des exportations en raison du plus grand protectionnisme que prévoient les politiques commerciales mondiales. Quant aux risques à la hausse, nous réaffirmons que le risque le plus important est l’augmentation des dépenses des ménages financée par une hausse de leur endettement.

Les perspectives financières du DPB tiennent compte de l’ensemble des mesures qui ont été prises depuis l’Énoncé économique de l’automne 2018; ces mesures représentent 27,0 milliards de dollars pour la période allant de 2018‑2019 à 2023‑2024 (4,5 milliards de dollars par année en moyenne). Nos projections reflètent l’estimation indépendante des coûts qu’a effectuée le DPB pour 11 mesures prévues dans le budget de 2019. Selon le DPB, les nouvelles mesures coûtent 0,3 milliard de dollars (1 %) de plus que ce qu’indiquent les prévisions du gouvernement dans le budget de 2019.

Pour 2018-2019, nous nous attendons à ce que le solde budgétaire affiche un déficit de 15,7 milliards de dollars (0,7 % du PIB). Nous prévoyons que le déficit budgétaire s’établira à 22,3 milliards de dollars en 2020-2021, notamment en raison des recettes cédées à la suite de la mise en œuvre de l’incitatif à l’investissement accéléré des entreprises.

Le déficit budgétaire devrait ensuite reculer pour s’établir à 11,9 milliards de dollars (0,4 % du PIB) en 2023-2024 compte tenu de la croissance restreinte des coûts relatifs au personnel du gouvernement (principalement attribuable aux charges à payer au titre des pensions). Nous prévoyons que le ratio de la dette fédérale au PIB diminuera à moyen terme pour se situer à 28,9 % en 2023-2024.

En l’absence de nouvelles mesures, étant donné l’incertitude qui caractérise nos perspectives économiques, nous estimons qu’il existe une probabilité de 15 % d’obtenir l’équilibre ou un excédent budgétaire en 2021-2022. Cette probabilité passe à 30 % en 2023-2024. En outre, nous estimons qu’il est probable que le ratio de la dette fédérale au PIB sera inférieur au niveau de la cible du gouvernement (31,9 %) de 2019‑2020 à 2023‑2024.

Budget de 2019 : enjeux pour les parlementaires

Comparaison des perspectives économiques et financières

Le DPB estime que le PIB nominal, de 2019 à 2023, sera en moyenne de 4 milliards de dollars inférieur chaque année à la projection du secteur privé utilisée dans le budget de 2019. Cet écart est attribuable à l’inflation du PIB et à la croissance du PIB réel au quatrième trimestre de 2018, lesquelles ont été plus faibles que ne l’estimaient les prévisionnistes du secteur privé sondés par Finances Canada.

Le DPB prévoit un déficit budgétaire de 15,7 milliards de dollars en 2018‑2019, ce qui est de 0,8 milliard de dollars au-dessus du déficit annoncé dans le budget de 2019. La différence est due à notre estimation des recettes de 2018-2019, plus faible que celle du budget.

Chaque année de 2019-2020 à 2023-2024, le DPB prévoit des déficits budgétaires de 0,7 milliard de dollars plus élevés, en moyenne, que ceux énoncés dans le budget de 2019. Selon nos prévisions, les recettes de la TPS et les rentrées d’impôt sur le revenu des non-résidents seront plus faibles, et les dépenses de fonctionnement plus élevées, que les projections du budget.

Alignement du budget des dépenses sur le budget

L’année dernière, le gouvernement a apporté d’importants changements au processus budgétaire dans le but de mieux harmoniser les prévisions budgétaires avec le budget. Pour donner suite aux inquiétudes soulevées par les parlementaires l’année dernière, le Budget principal des dépenses 2019‑2020 crée des crédits individuels dans les ministères et organismes pour les mesures du budget de 2019. Bien qu’il s’agisse d’une amélioration considérable quant à la procédure, ce changement ne règle pas l’enjeu du vote des parlementaires sur des dépenses n’ayant pas encore été examinées en détail ou précisées par le Conseil du Trésor.

Détails des dépenses de fonctionnement

On trouve dans le budget de 2019 de l’information sur les principales composantes qui, dans les perspectives de Finances Canada, causent la croissance des dépenses de fonctionnement. La divulgation de ces renseignements sur les charges ministérielles est un pas dans la bonne direction, mais elle n’est pas idéale.

Les parlementaires voudront peut-être obtenir plus de détails quantifiables sur les principaux éléments de coût des dépenses de fonctionnement projetées par Finances Canada, surtout pour ce qui est des charges en pensions et en prestations.

Mesures non annoncées

Le budget de 2019 met de côté ‑3,8 milliards de dollars pour les mesures non annoncées. Leur mention explicite est une amélioration par rapport au passé, où les mesures non annoncées étaient intégrées aux autres aspects de l’évolution budgétaire. Le montant négatif indique une source de fonds nette, ce qui suggère des hausses de l’impôt ou une réduction des dépenses.

Dans le budget de 2019, le financement des mesures non annoncées comprend des « provisions pour des décisions prévues du Cabinet qui n’ont pas encore été prises ». Cependant, cette mention masque des détails importants sur la source des fonds allant jusqu’à 3,9 milliards de dollars annoncés pour les fermiers assujettis à la gestion de l’offre, ainsi que sur les recettes attendues de la limitation, à l’égard des particuliers à revenu élevé, de l’avantage de la déduction pour option d’achat d’actions des employés.

Comme les sommes en question sont importantes, les parlementaires souhaiteraient peut-être obtenir des détails quantifiables sur les enveloppes de dépenses des mesures non annoncées du budget de 2019, particulièrement les provisions pour les décisions de financement futures du Cabinet.

Les cibles budgétaires du gouvernement

Le gouvernement s’est fixé deux cibles budgétaires en 2015 : rétablir l’équilibre budgétaire en 2019-2020 et continuer de réduire le ratio dette fédérale-PIB au cours de son mandat.

Le budget de 2019 ne contient aucune mention de la promesse de rétablir l’équilibre budgétaire en 2019-2020 ni aucun engagement à éliminer le déficit à une date ultérieure. Par contre, on y lit que le ratio dette fédérale-PIB devrait continuer de diminuer au cours de la période de projection.

En l’absence de nouvelles mesures, étant donné l’incertitude qui caractérise nos perspectives économiques, nous estimons que les chances que l’équilibre budgétaire soit rétabli en 2019‑2020 sont pratiquement de zéro. Nous estimons par contre à 80 % les chances que le ratio de la dette fédérale tombe d’ici 2020-2021 sous la cible de 31,9 % du PIB que s’est fixée le gouvernement.

Les parlementaires pourraient demander que le gouvernement rende compte avec régularité et réalisme, dans ses budgets et ses Énoncés économiques de l’automne, des progrès accomplis à l’égard des cibles financières cohérentes et mesurables qu’il s’est fixées.

Rapports connexes

  • 23 octobre 2018

    Conformément à son mandat législatif, le directeur parlementaire du budget présente ici ses perspectives économiques et financières.

  • 12 février 2019

    Le présent rapport fournit une estimation en cours d’exercice du produit intérieur brut (PIB) du Canada pour l’année 2019 et le solde budgétaire du gouvernement du Canada en 2018-2019 selon les données publiées depuis les Perspectives économiques et financières d’octobre 2018 jusqu’au 8 février 2019 inclusivement.