Perspectives économiques et financières avril 2017


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Sommaire
Le présent rapport vise à donner suite à la motion adoptée par le Comité permanent des finances le 4 février 2016. Il tient compte des données disponibles jusqu’au 21 avril 2017 inclusivement.

Le DPB s’attend à ce que la croissance du PIB réel effectue une remontée, passant de 1,4 % en 2016 à 2,5 % en 2017 et à 2,1 % en 2018. Il suppose que le report de l’application des mesures financières fédérales stimulera l’activité économique en 2017 et en 2018, alors que la croissance des exportations et de l’investissement des entreprises s’accélérera.

Dans l’ensemble, le PIB réel devrait augmenter en moyenne de 2,0 % par année de 2017 à 2021, soit essentiellement au même rythme qui avait été prévu en octobre. Le DPB continue de considérer comme probable une reprise de l’investissement non résidentiel des entreprises et des exportations de produits non énergétiques, ainsi qu’un important déclin de l’activité dans le secteur de la construction résidentielle.

L’inflation du PIB (une mesure de l’augmentation des prix à l’échelle de l’économie) devrait passer de 0,6 % en 2016 à 2,7 % en 2017, pour se stabiliser à 2,0   % par année en moyenne pendant le reste de la période de projection. Le PIB nominal – l’indicateur le plus large de l’assiette fiscale – devrait augmenter à un rythme de 4,1 % par année en moyenne de 2017 à 2021.



La croissance annuelle moyenne du PIB nominal de 4,1 % de 2017 à 2021 est identique à celle que le DPB avait prévue en octobre. Lorsque rajusté pour tenir compte des révisions historiques, le niveau du PIB nominal est augmenté d’en moyenne 10 milliards de dollars (0,4 %) par année pour la période allant de 2017 à 2021 par rapport aux prévisions d’octobre. Cela s’explique par la croissance plus élevée que prévu du PIB nominal au cours de la deuxième moitié de 2016. Le DPB a aussi revu à la hausse ses perspectives pour les taux d’intérêt à long terme du Canada, de façon à tenir compte des taux à long terme plus élevés que prévu aux États‑Unis.

Les perspectives économiques du DPB reposent sur l’idée que la probabilité d’avoir des résultats à la hausse est, en règle générale, la même que celle d’avoir des résultats à la baisse. En ce qui concerne les risques à la baisse, le DPB croit que le risque le plus important est un investissement des entreprises moins élevé que prévu. En ce qui concerne les risques à la hausse, il croit que le risque le plus important est les dépenses des ménages plus élevées que prévu. Pour illustrer l’incertitude entourant la projection du PIB nominal établie par le DPB, ce dernier a établi des intervalles de confiance. Par rapport à la projection de base de la croissance du PIB nominal, les intervalles de confiance de 30, 50 et 70 % correspondent à une croissance moyenne du PIB nominal de ±0,5, ±0,8 et ±1,3 point de pourcentage respectivement.



Le DPB s’attend à ce que le déficit budgétaire s’élève à 20,7 milliards de dollars (1,0 % du PIB) en 2016-2017, soit 1,6 milliard de dollars de moins qu’il l’avait prévu en octobre. Le déficit réduit est principalement attribuable à la hausse des revenus tirés de l’impôt sur le revenu, surtout celui des sociétés.

Toutefois, le DPB prévoit que le déficit budgétaire sera de 2,2 milliards de dollars plus élevés en moyenne de 2017‑2018 à 2021‑2022 qu’il l’avait prévu en octobre. Cette hausse s’explique principalement par l’augmentation des charges de programmes. Plus de la moitié de l’augmentation prévue des dépenses découle de nouvelles décisions stratégiques, comme l’indexation des prestations pour enfants ainsi que la hausse des paiements de transfert aux gouvernements infranationaux pour l’infrastructure et les soins de santé. En outre, la hausse des taux d’intérêt contribue à l’augmentation des frais d’intérêt de la dette publique à moyen terme.

Dans le budget de 2016, le gouvernement s’est engagé à rééquilibrer les budgets et à réduire le ratio de la dette fédérale au PIB au cours d’une période de cinq ans qui se terminera en 2020‑2021. L’objectif d’endettement consiste à atteindre un ratio de la dette fédérale au PIB de 31,0 % (ou moins) en 2020‑2021. Au titre des mesures fiscales et des plans de dépenses actuels, le DPB prévoit que le ratio de la dette fédérale au PIB s’élèvera à 29,6 % en 2020‑2021, soit 1,4 point de pourcentage de moins que l’objectif du gouvernement. Ainsi, le gouvernement dispose donc d’une certaine latitude dans son plan financier actuel pour atteindre l’objectif qu’il s’est fixé à moyen terme à ce chapitre.

Pour illustrer les conséquences financières de l’incertitude entourant ses perspectives économiques, le DPB a exprimé les distributions d’autres scénarios économiques en éléments budgétaires. Compte tenu des possibles scénarios entourant les perspectives économiques, et selon l’hypothèse du statu quo, il est peu probable que le budget soit équilibré ou excédentaire à moyen terme. Le DPB estime à environ 15 % les chances qu’il le soit en 2019‑2020, puis à 20 % en 2020-2021 et à 30 % en 2021-2022.

Cependant, il est probable que le ratio de la dette fédérale au PIB chute sous le niveau de 2015‑2016, qui était de 31,0 %, au cours de la période allant de 2017-2018 à 2021‑2022. Le DPB estime à environ deux tiers les chances que le ratio de la dette fédérale au PIB soit inférieur au niveau de 2015‑2016 en 2020-2021.

Budget 2017 : Principaux enjeux pour les parlementaires

Présentation du plan financier
Le gouvernement continue d’améliorer la transparence et l’accès de son plan financier. Il pourrait toutefois en faire davantage. Par exemple, le budget ne comprend toujours pas suffisamment de détails sur les sources des fonds réaffectés et les conséquences sur les programmes. En outre, le budget et les plans ministériels de 2017‑2018 ne concordent toujours pas. 

Perspectives économiques présentées dans le budget de 2017
Malgré l’incertitude et les risques à la baisse qui continuent de peser sur l’économie nationale et mondiale, le DPB estime qu’il y a un risque à la hausse associé aux perspectives du PIB nominal établies par le secteur privé et figurant dans le budget de 2017. Ce risque s’explique par l’utilisation de l’enquête désuète de décembre 2016 qui ne tient pas compte des données économiques plus élevées que prévu publiées avant le budget de 2017.

Perspectives financières présentées dans le budget de 2017
Le DPB prévoit que les déficits budgétaires seront en moyenne 5,9 milliards de dollars moins élevés que ceux prévus dans le budget de 2017 pour la période allant de 2017-2018 à 2021-2022. Cette différence correspond à l’ajustement en fonction des risques de 3 milliards de dollars du gouvernement et les perspectives économiques plus fortes du DPB

Le gouvernement est d’avis que les risques liés aux perspectives économiques du secteur privé sont généralement équilibrés. L’ajustement en fonction du risque laisse donc entendre qu’il adopte une approche « prudente » à l’égard de la planification budgétaire. Ainsi, il réduit l’importance de ses perspectives financières, tout en espérant que les résultats financiers dépasseront ses prévisions. Cette approche contraste avec le rajustement des perspectives économiques du secteur privé auquel il procède afin de tenir compte de la balance des risques, soit à la hausse soit à la baisse.

Le DPB croit que les perspectives du gouvernement quant au solde budgétaire pour la période allant de 2017-2018 à 2021-2022 sont trop prudentes. Elles découlent de l’utilisation de perspectives économiques désuètes et de l’inclusion d’un ajustement en fonction du risque même si les risques liés aux perspectives économiques ont été jugés généralement équilibrés.

Dépenses fédérales en infrastructure
Les données provenant du système de comptabilité du gouvernement, des dépenses des provinces et de Statistique Canada indiquent toutes que les dépenses fédérales dans les infrastructures accusent un retard par rapport au calendrier établi dans le budget de 2016. C’est pourquoi le DPB s’attend à ce que près de la moitié des fonds d’infrastructures proposés soient dépensés comme prévu en 2016‑2017.

Il s’attend en outre à ce que les dépenses reprennent en 2017‑2018 à un niveau supérieur à ce qui était prévu au départ dans le budget de 2016 (112 %). Ainsi, les dépenses globales dans les infrastructures s’élèveront à près de 90 % des niveaux prévus au départ. Le reste de l’argent sera dépensé au cours des exercices subséquents.

Dépenses de fonctionnement
Les dispositions du budget de 2017 portant sur la croissance annuelle de 1 % à moyen terme supposent un déclin constant des dépenses de fonctionnement par rapport au PIB. Or, les conventions collectives prévoient une augmentation annuelle des salaires de plus de 1 %; d’autres sources d’économies devront donc être trouvées. Les parlementaires voudront peut‑être demander des précisions au gouvernement sur sa stratégie pour gérer les dépenses de fonctionnement.
 

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