Malgré la tarification accrue du carbone, le Canada devra réduire considérablement ses émissions pour dépasser la cible de Paris

Le directeur parlementaire du budget (DPB) a publié aujourd’hui son évaluation des effets du plan du gouvernement visant à dépasser, d’ici 2030, la cible de réduction des émissions de gaz à effet de serre du Canada en vertu de l’Accord de Paris.

Dans le rapport Au-delà de Paris : Réduire les émissions de gaz à effet de serre du Canada d’ici 2030, le DPB estime que l’augmentation – que prévoit le gouvernement – de la redevance fédérale sur le carbone de 120 $ la tonne, pour la faire passer à 170 $, et le resserrement des normes du système de tarification fondé sur le rendement (STFR), permettraient de réduire les émissions du Canada de 96 Mt d’ici 2030.

« L’augmentation de la redevance fédérale sur les combustibles à 170 $ la tonne et le resserrement des normes du STFR aideront le Canada à atteindre plus de la moitié de la réduction de 168 Mt que prévoit le budget de 2021. Pour atteindre cet objectif, il faudra tout de même réduire davantage les émissions, et ce, au moyen de mesures non tarifaires moins visibles déjà annoncées par le gouvernement », a déclaré le DPB, Yves Giroux.

Selon le DPB, pour obtenir une réduction de 168 Mt d’ici 2030 et dépasser la cible de Paris, tel que le prévoit le budget de 2021, les mesures non tarifaires annoncées par le gouvernement entraîneront un coût équivalant à au moins 91 $ la tonne, en plus des 170 $ de la redevance fédérale sur le carbone. Parmi ces autres mesures, mentionnons les mesures réglementaires ainsi que des incitatifs favorisant le développement et l’adoption de nouvelles technologies à faibles émissions.

« Notre estimation du coût des mesures non tarifaires annoncées qui seront nécessaires pour atteindre la réduction des émissions prévue dans le budget de 2021 et dépasser la cible de Paris repose sur l’hypothèse voulant que les mesures adoptées seront celles ayant le plus faible coût. Autrement dit, il s’agit d’une analyse essentiellement optimiste » ajoute M. Giroux

Le DPB estime que la tarification supplémentaire du carbone que prévoit le gouvernement réduira le PIB réel de 0,8 % en 2030. Si l’on ajoute l’effet des mesures non tarifaires annoncées mises en œuvre à un coût minimum, le PIB réel de 2030 diminuerait en tout de 1,4 %.

« Selon nos estimations, affirme M. Giroux, c’est sur les secteurs des transports, du pétrole et du gaz que la réduction des émissions aura les répercussions économiques les plus lourdes. »

Le rapport indique également que la réduction supplémentaire de 30 à 66 Mt, que le gouvernement a annoncée en avril dernier, exigera des mesures additionnelles. Le gouvernement n’a pas encore annoncé de mesures visant à atteindre cette réduction supplémentaire des émissions.

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